Conseils et informations sur le bilan carbone

jeudi 29 avril 2010

Le Bilan Carbone de la Grande Consommation

L'un des engagements du Grenelle est celui de l'affichage environnemental des produits de grande consommation qui devrait être obligatoire au 1er Janvier 2011.
Le Bilan Carbone, ou plus exactement l'empreinte carbone, sera présent sur les étiquettes, accompagné de deux autres indicateurs.

Un décret publié cette année devrait formaliser les modalités de cet affichage environnemental provenant de l'article 85 de la loi Grenelle 2.

En attendant, le gouvernement a chargé l'Afnor et l'Adème d'élaborer la norme définissant le contour de cette nouvelle réglementation. Un premier projet de norme, BPX 30-323 à déjà été publié et est le résultat d'une quinzaine de groupes de travail regroupant l'ensemble des intervenants : distributeurs, professionnels, experts, consommateurs, protecteurs de l'environnement.














Le projet définit les principes généraux en proposant une approche méthodologique, ainsi que la liste des produits soumis à l'affichage : une grosse majorité des produits présents dans les grandes surfaces.

L'indicateur principal de l'affichage environnemental sera l'empreinte carbone, mais y figureront aussi deux autres indicateurs représentant un enjeu environnemental pour chaque famille de produits. Par exemple, sur les produits électroniques, cela pourra refléter l'épuisement des ressources naturelles. Le principe étant que l'impact environnemental sera calculé sur l'ensemble du cycle de vie du produit : de l'extraction de la matière première au recyclage, en passant par l'assemblage, l'emballage, le transport et l'usage.
L'ensemble du processus est pris en compte, contrairement à d'autres marquages. Par exemple le "bio" ne prend pas en compte le coût environnemental pour le transport.

Ce marquage doit apporter une nouvelle lisibilité aux "éco-citoyens" qui pourront connaître les produits les plus vertueux pour l'environnement.
Le travail est assez considérable avec des responsabilités à définir ainsi que le choix des champs d'application : un produit fabriqué en Alsace et vendu chez un même distributeur à Strasbourg n'aura pas le même coût environnemental (transport) que si on le retrouve dans les rayons de Lille ou Paris.
Mais quelle valeur prendre en compte pour le marquage ? Le transport local où le transport moyen en passant par la plate-forme de distribution, pour être le plus précis ?

Et vous, cette nouvelle indication vous aidera-t-elle à choisir l'un ou l'autre produit lors de vos achats ?

2 commentaires:

maud Sarazin a dit…

Bonjour,

L'indication de l'empreinte carbone pour les produits de grande consommation me semble un véritable challenge non seulement pour les consultants qui font les mesures mais aussi pour la logistique qui va devoir être employée.

Comme vous l'avez dit le transport est un gros poids dans l'empreinte carbone. Mais comment l'étiquetage va t il être réalisé pour les différents magasins d'une chaîne? Casino le fait déjà me semble t il? L'étiquetage est pourtant le même dans tous les magasins Casino alors qu'ils n'ont pas été transportés sur la même distance. Cela va t il être pris en compte à l'avenir?

Je me demandais aussi si la fin de vie allait être prise en compte. Certain produits sont largement recyclés comme le papier, d'autre sont très polluants comme les piles ou les produits informatiques. Cela va t il pouvoir être mesuré aussi?

Merci,

Carbone 11 a dit…

Bonjour Maud,

Je vous remercie pour vos différentes remarques et je vais tenter de vous y apporter des réponses.
Il est vrai que la mise en place de ce "marquage carbone" est un réel défi pour l'ensemble des acteurs et en particulier pour le choix de la méthodologie à employer.

Casino et Leclerc ont anticipé cette démarche dés 2008 avec leur propre étiquetage. Cependant, ils utilisent des méthodes différentes ce qui rend la comparaison entre les deux enseignes non pertinente (toutefois, il est toujours intéressant de comparer des produits de la même enseigne).
Les travaux de l'affichage environnemental, sous l'égide de l'Etat doit justement permettre d'harmoniser le champ d'application et la méthode de calcul, pour que les produits soient comparables à travers toutes les enseignes. Car, soyons honnête un chiffre sur un produit restera abstrait pour les consommateurs et c'est bien la comparaison des valeurs qui permettra d'orienter au mieux le choix des acheteurs.
Il faut donc également conserver ce raisonnement pour le transport des produits et définir une règle : par exemple, quelque soit le lieu de livraison, il faudra prendre en compte le coût moyen du transport entre le lieu de fabrication et la plate-forme de distribution, puis de cette dernière aux différents points de vente.

La fin de vie des produits est effectivement comptabilisée et est donc valorisée.
En fin de vie, un produit peut être soit recyclé (boucle fermée, papier/papier ou boucle ouverte plastique/textile), soit être incinéré (valorisation énergétique) soit éliminé dans un centre de stockage (décharge).
L'ensemble des opérations de fin de vie sont prise en compte dans le calcul de l'étiquetage environnemental, ce qui permettra également de sensibiliser les consommateurs de l'intérêt de recycler nos différents produits.

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