Conseils et informations sur le bilan carbone

mardi 25 mai 2010

Bilan Carbone et GES

De Paris à Lille, en passant par Strasbourg, ma vie de consultant Bilan Carbone m'amène à rencontrer des clients sensibles à l'environnement et curieux d'en savoir plus sur les gaz à effet de serre (GES).

Les GES présents dans l'atmosphère sont nécessaires à l'équilibre planétaire car ils absorbent les rayonnements des infrarouges émis par la surface de la planète. C'est l'augmentation de leurs concentrations par l'activité humaine qui perturbe cet équilibre et qui contribuerait au changement climatique.

Il y a donc deux grandes familles de GES, ceux qui existaient avant l'activité industrielle (naturels) et ceux qui découlent directement de l'activité humaine (artificiels) :

Les Gaz à Effet de Serre naturels sont :
- l'eau présente dans l'atmosphère (H2O) représente les 3/4 de l'effet de serre total
- le gaz carbonique ou dioxyde de carbone (CO2) qui provient des combustions
- le méthane (CH4) qui découle des anaérobies ou pyrolyses des molécules organiques
- le protoxyde d'azote (N2O) qu'on utilise dans les anesthésiants, comme carburant de fusée ou dans les engrais azotés
- l'ozone (O3) qui se développe lors des mauvaises combustions des véhicules ou des feux de forêt

Les principaux GES artificiels sont des halocarbures (molécules portant un halogène) :
- les hydrochlorofluorocarbures (CHCIF2) ou couramment nommés R22, employés dans les climatiseurs
- les chlorofluorocarbures (CFC) qui étaient appliqués dans les aérosols et détruisent la couche d'ozone
- l'hexafluorure de souffre (SF6) utilisé entre autres dans les applications électroniques
- le tétrafluorométhane (CF4) ou R14 qui est un gaz réfrigérant et manié également dans le milieu de l'électronique

Tous ses gaz ont des impacts différents sur le phénomène d'effet de serre en fonction de leur durée de vie dans l'atmosphère et de leur forçage radiatif (c'est à dire l'impact ou la "puissance" qu'a un GES sur l'effet de serre).

Source : D. Hauglustaine, LSCE



Afin de faciliter la comparaison entre les différents gaz, les scientifiques ont mis en place un indicateur, par nature approximatif : le Pouvoir de Réchauffement Global (PRG), généralement exprimé sur 100 ans, avec comme référence le PRG du dioxyde de carbone (CO2).
Avec le PRG, il est facile de constater qu'1 tonne de protoxyde d'azote (NO2) rejetée dans l'atmosphère a le même impact qu’environ 300 tonnes de CO2 et y séjournera 120 ans.




Nota : pour obtenir le résultat en équivalent carbone, et étant donné qu’il y a 272,2 grammes de Carbone dans un kilogramme de CO2 : PRG équivalent carbone : PRG équivalent CO2 x 0,2727

L’atmosphère est un système très complexe, et l’élimination des gaz à effet de serre se fait soit par réaction chimique (photosynthèse du CO2, réaction avec les radicaux hydroxyle pour le méthane (CH4) qui se transforme en CO2 par exemple), soit par des rayonnements qui peuvent « casser » les molécules des halocarbures.
Seule l’eau est refoulée de façon physique par la pluie en quelques jours. C’est pourquoi son incidence sur l’effet de serre est considérée comme négligeable et n’intervient donc pas dans l’étude du Bilan Carbone d’une activité.

C’est pourquoi il est essentiel d’agir rapidement sur nos émissions de gaz à effet de serre : le phénomène d’inertie de nos gaz rejetés est très important et va perdurer de longues années !

mercredi 19 mai 2010

Le paperboard le plus mobile du monde !

Ca y est ! La voici la solution !

En tant que consultant indépendant en Bilan Carbone, j'ai l'habitude de me déplacer pour présenter à mes clients les actions qu'ils devront entreprendre pour améliorer leurs résultats et leur impact environnemental. Bien sûr, je fais attention à utiliser des moyens de transport respectueux de l'environnement, usant tantôt de mon vélo lorsque je vois mes clients strasbourgeois, tantôt du TGV Est, lorsque je rends visite à mes clients à Paris ou Lille.

Dans tous les cas, je rencontre un problème : celui de la démonstration. En effet, je suis systématiquement amené à présenter le Bilan Carbone et à l'expliquer très concrètement, avec des croquis, dessins ou schémas montrant la chaîne totale des éléments qui seront pris en compte. Aussi, il n'est pas rare que j'expose des éléments directement sur le terrain, dans un atelier ou une usine.

Difficile, donc, de me déplacer avec mon vidéo projecteur sous le bras !

C'est alors que j'ai découvert le paperboard Taktifol ! Une feuille magique : électrostatique, souple, légère, pliable, effaçable et qui adhère à n'importe quelle surface et se décolle sans laisser de trace !

Ce produit est d'origine allemande et respecte l'environnement dans sa simple conception (sans vouloir entrer dans des stéréotypes, l'Allemagne a beaucoup d'avance sur d'autres pays en matière environnementale !) Je l'achète en rouleaux de 25 feuilles, ce qui me suffit en général pour 3 mois de travail. En effet, on peut écrire et globalement effacer sur les feuilles, ce qui fait qu'une feuille est suffisante pour un déplacement. Quand j'efface, il reste une petite trace, mais le produit est tellement pratique que voici bien un moindre défaut.

Je voulais donc vous en faire part, car sans doute certains d'entre vous connaissent ce souci de mobilité et de mallette de plus en plus chargée au point que chaque déplacement devient un pur déménagement !

Peut-être certains ont déjà essayé Taktifol, n'hésitez pas à me laisser un commentaire, je suis curieux de lire vos avis ! Merci !

mardi 18 mai 2010

La Taxe Carbone est morte ! Vive la Taxe Carbone !

Après l'échec de Copenhague, le 1er ministre français a annoncé l'abandon de la taxe carbone par le gouvernement, souhaitant mettre en place une taxe au niveau européen. Bonne ou mauvaise nouvelle ? Les avis sont partagés...

A première vue, une taxe en moins est une bonne nouvelle tant pour les entreprises que pour les particuliers. Dossier clos, nous passons à autre chose.

A moyen ou long terme, la vision peut être légèrement voire totalement différente : dans le monde, l'énergie provient du pétrole (35%), du gaz (20%) et du charbon (25%). En France, nous n'avons pas de pétrole, mais des idées...

Nous nous sommes tournés vers le nucléaire qui est très faiblement émetteur de gaz à effet de serre ou GES (ce n'était bien sûr pas la raison de ce choix...). Bien que cette option nous permette de substituer une partie des énergies fossiles, nous restons encore très dépendants des hydrocarbures. Or, les hydrocarbures se font rares, et donc chers. Cette tendance va s'accentuer au cours des prochaines années. Cette inflation des coûts des matières premières sera forcément répercutée sur les prix des produits que nous achetons au quotidien.

Quoi qu'il en soit, dans un futur plus au moins proche nous serons dans l'obligation de payer. Plus nous patientons avant de réagir, plus le choc financier sera dur. 

C'était là l'intérêt de la taxe carbone : le fait de payer nos rejets de CO2 nous obligeait à modifier notre mode de vie et notre mode de consommation en faisant attention à nos dépenses. Je pourrais citer l'exemple de l'augmentation rapide et imparable du baril de brut en 2008 qui a forcé beaucoup de personnes à modifier leur mode de transport, changeant, pour certains, leurs habitudes.

Sans entrer dans la politique, cette situation est similaire à celle de la retraite en France. Depuis de nombreuses années, nous savons qu'il serait de plus en plus difficile de financer les retraités. Depuis de nombreuses années, il est possible d'anticiper cette situation. Mais comme les réformes étaient politiquement incorrectes, les gouvernements ont défilé, laissant gérer la situation au gouvernement suivant... et ainsi de suite... Aujourd'hui, quasi au pied du mur, la réforme sera d'autant plus difficile et incompréhensible par la population...

L'augmentation du prix du pétrole de 2008 illustre bien la situation que nous risquons de vivre dans les prochaines années. La taxe carbone devait nous inciter à faire évoluer nos comportements en anticipant le futur énergétique au lieu de la subir dans les années à venir...

Attendons de voir ce qui se fera au niveau européen !

mardi 11 mai 2010

Ca roule pour le Bilan Carbone à Strasbourg !

Un accord entre Strasbourg et le groupe japonais Toyota, constructeur de véhicule hybride, permet de passer en phase de test réel, la future génération de voitures hybrides rechargeables.

Depuis ce lundi et durant 3 ans, la ville de Strasbourg et ses environs expérimentent l'usage de cette nouvelle voiture. Pas moins d'une centaine de voitures circuleront sur les routes de l'agglomération.

Jusqu'à aujourd'hui, les Prius hybrides (essence/électricité) du constructeur nippon pouvaient se recharger uniquement lorsque les véhicules roulaient en mode "essence". La nouvelle génération pourra également se recharger à l'aide d'une simple prise électrique (ou une borne dédiée) en 1h30. L'électricien EDF a été associé à cette démarche et est le concepteur du réseau de bornes de recharge (environ 150 points de charge disséminés sur la voie publique, les parkings souterrains ou directement chez les utilisateurs).

Ce sont les agents de la municipalité, les salariés de La Poste, mais aussi plusieurs entreprises privées qui auront le privilège d'utiliser ces véhicules.

L'idée de ce test est assez simple : il doit valider techniquement le véhicule avec une série de vérifications et d'analyses et bien entendu de confirmer l'intérêt de développer commercialement un tel véhicule. En effet, l'autonomie du véhicule en mode électrique (donc complètement silencieux) est seulement d'une vingtaine de minutes. Toutefois Toyota estime que 75% des trajets se font dans ce laps de temps.
Si vous tentez de rouler plus longtemps, pas d'inquiétude : lorsque la batterie est vide, ou si vous dépassez les 100 km/h, le moteur à essence prend le relai et la voiture fonctionne en mode hybride.

Toyota annonce "un Bilan Carbone moyen de 59 grammes de CO2 par kilomètre", soit la moitié des émissions moyennes des véhicules vendus en France en 2009. Le terme Bilan Carbone est certainement mal employé par le constructeur : il serait en effet plus juste de parler de rejet carbone uniquement car le Bilan Carbone prendrait en compte l'ensemble du "coût carbone" de la construction du véhicule, mais également de l'extraction des matières premières, les différentes opération de frets, les bâtiments, l'énergie nécessaire, ...

D'ailleurs, bien que les rejets de CO2 sont deux fois moindre, rien ne nous précise, si le "'coût carbone" de la batterie ne serait pas exorbitant et annulerait tout les avantages de son usage. 

En tous cas, je ne peux que saluer l'initiative et ne manquerai pas de vous informer des résultats des tests dès que j'en aurai pris connaissance. Restez branché !

mardi 4 mai 2010

Le décryptage de l'actu du Bilan Carbone

Bilan Carbone, émission de GES ou en équivalent CO2, l'actualité de cette semaine est bouillante sur le sujet. Toutefois, bien qu'elle soit riche, elle n'est malheureusement pas fabuleuse !!

Depuis le 22 avril, dans les grandes profondeurs de l'Atlantique (1500 mètres), l'équivalent de 5000 barils de pétrole ou 800 000 litres par jour (le chiffre varie selon les sources) se déversent allègrement dans l'océan, suite à une incident sur une plate-forme pétrolière exploitée par le groupe britannique BP (British Petroleum). Ce produit 100% naturel (eh oui...) n'est pas des plus favorables pour la faune et la flore, tant maritime que terrestre. Et bien que la fuite se trouve à une bonne distance des terres (70 km, un argument que BP avait avancé lors de l'installation de son site et sa sécurisation contre le risque de pollution terrestre...), la nappe de pétrole a atteint les côtes américaines.

A ce jour, il y a deux priorités : la première est de colmater la fuite. Déjà plusieurs tentatives ont été avortées et BP annonce de nouvelles techniques qui peuvent prendre plus ou moins de temps... La deuxième est de préserver au moins la nature du pétrole en nettoyant les côtes (80 prisonniers y participent).

BP clame haut et fort qu'elle prendra toute ses responsabilités. Effet d'annonce et/ou plan de communication ? Nul doute que BP se retournera rapidement contre l'ancien propriétaire (Suisse) ou ses sous-traitant pour alléger la facture.


Cet accident a pris la première place des médias au détriment du volcan Eyjafjöll, alors que le vent recommence à pousser des cendres vers le continent. Seule l'Irlande (avec les îles Feroe) est touchée et  a du fermer ses aéroports durant quelques heures en début de semaine.

Les scientifiques n'ont pas observé d'augmentation de son intensité depuis plusieurs jours, mais le risque d'une reprise d'activité est toujours présent.

Après le chaos dans le ciel, les ministres des transports européens se réunissent le 4 mai pour accélérer le développement du "ciel unique européen", afin de mieux coordonner de futures crises.

Et au niveau national ? Cette semaine, le 04 mai est le jour de l'ouverture des discussions pour nos députés du projet de Grenelle II. Après les échecs "écologiques" des derniers mois (Copenhague, fiasco et finalement abandon de la taxe carbone, démission de Nicolas Hulot...) les éco-sceptiques se sont développés tant au niveau de la population que chez nos politiciens. Nul doute que les batailles seront assez rudes lors des prochains jours dans l'hémicycle français.

Là aussi cela risque d'être chaud...

lundi 3 mai 2010

Et un Bilan Carbone à la mer ! Un !

C'est un défi familial que se lance un couple accompagné de leurs deux enfants : rejoindre le Groenland en partant de Lyon, avec un bateau à moteur présenté comme le plus écologique au monde, et présentant également "le meilleur Bilan Carbone" de ce type de navire.

En plus de cette aventure en famille, la famille Brossier souhaite combiner une démarche à la fois environnementale, scientifique et pédagogique avec objectif de montrer qu'une embarcation longue de 12 mètres peut naviguer en haute mer sans polluer, contrairement aux autres embarcations, grosses consommatrice de gazole.

La conception du bateau a été repensée par l'architecte naval Jean-Pierre Brouns, à l'origine du projet : la coque est en aluminium 100% recyclable et n'utilise ni colle ni résine. Les aménagements intérieurs sont en liège et en mousse de soja. Le chauffage sera assuré par un poêle à bois.

Il est prévu que l'"Ecoproll" ne fasse qu'un seul plein de gazole de 2000 litres pour les 4200 miles (6700 km) du voyage, soit trois fois moins qu'habituellement. Une voile de 'kite" prendra le relai du moteur dès que possible.
Les batteries électriques sont alimentées par deux éoliennes et des panneaux photovoltaïques installés sur le toit.

Le couple et les deux enfants sont partis le 24 avril de Lyon pour rejoindre Le Havre par les voies fluviales avant de se digérer vers l'Ecosse, puis les îles Féroé et enfin le Groenland. Le périple est programmé sur cinq mois.

Enfin, et pour aller au bout de leur démarche écologique, la famille mangera bio.

Et vous, vous êtes prêt pour suivre une telle aventure?