Conseils et informations sur le bilan carbone

mardi 24 août 2010

Le dictionnaire du Bilan Carbone

Le Bilan Carbone ayant été lancé il n'y a finalement pas si longtemps que ça (2002) par l'ADEME, bon nombres de notions en émanant sont encore très floues pour la plupart des gens. J'ai donc souhaité, avec cet article, apporter mes définitions, en tant que consultant en Bilan Carbone. Cet article sera amené à évoluer, n'hésitez surtout pas à laisser vos interrogations ou objections en commentaires. 


Bilan Carbone®
Méthode de calcul ou de comptabilisation des émissions des gaz à effet de serre exprimée en équivalent carbone (C) ou dioxyde de carbone (CO2). Développée par l'Adème, c'est une marque déposée dont elle est propriétaire. Elle permet d'effectuer une cartographie d'une activité qui doit permettre de définir un plan d'action en vue des réductions des émissions.

Ademe
L'Agence De l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie est un Etablissement Public à caractère Industriel et Commercial (EPIC) sous la tutelle des ministères chargés de le recherche, de l'écologie et de l'énergie. L'Ademe participe à la mise en application des décisions publiques en matière  d'environnement. Vous trouverez le site Internet de l'Ademe et toutes les informations la concernant ici.

Gaz à effet de serre (GES)
Ce sont les gaz qui absorbent une partie du rayonnement solaire en les redistribuant sous la forme de radiation au sein de l'atmosphère. Ce qu'on appelle couramment l'effet de serre. Ils sont tant naturels qu'issus de l'activité des Hommes. 
Le protocole de Kyoto en retient 6 : le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), l'oxyde nitreux (NO2), l'hexaflourure de souffre (SF6), les hydrocarbures (HFC) et les perfluorocarbures (PFC).
Mais le GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat) en dénombre une quarantaine, comme la vapeur d'eau (H2O) qui contribue à elle seule à 72% de l'effet de serre ou encore l'ozone. Bien qu'indispensable à l'équilibre planétaire, l'accroissement de la concentration des GES dans l'atmosphère contribue aux changements climatiques.



Tep
Tonne équivalent pétrole. Unité de mesure de l'énergie utilisée par les spécialistes afin de pouvoir comparer les différentes énergies entre elles. 
Exemple : 1 Tep = 7,3 barils = 11600 kWh = 1200 m3 de gaz naturel = 3 tonnes de bois = ...

Énergie primaire
Ce sont les énergies prélevées sur des ressources non transformées (pétrole brut, gaz naturel, énergie du vent, géothermie...). Seule une énergie primaire peut remplacer une autre énergie primaire.

Énergie finale
Par opposition à la précédente, l'énergie finale est utilisée en bout de chaîne, après transformation de l'énergie primaire que nous utilisons au quotidien (électricité, fioul, essence...)

Energie renouvelable (ENR)
Les énergies renouvelables sont toutes les ressources qui se renouvellent assez rapidement pour être considérées comme inépuisables : le vent, les rayonnements solaires ou la biomasse.

Climat
Condition moyenne qu'il fait à un endroit donné sur une longue période (en moyenne 30 ans). Le climat est influencé par la croûte terrestre, la mer, les courants, les fleuves, les glaces, la végétation.

GIEC
Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (en anglais Intergovernemental Panel of Climat ou IPCC). C'est un organisme créé au sein de l'ONU dont les membres sont nommés par les Etats. Il est composé essentiellement de diplomates et d'une minorité de climatologues. Depuis quelques mois une polémique est née sur la véracité des rapports émis par le GIEC.

kWh ou kilowattheure
C'est une unité de mesure de l'énergie. Elle correspond (comme son nom l'indique) à la consommation d'un appareil électrique de 1000 Watts durant 1 heure.

Forçage radiatif 
Il s'agit du changement d'équilibre entre les radiations pénétrant dans l'atmosphère et celles qui s'en échappent. Un forçage radiatif positif réchauffe la surface de la planète alors qu'une valeur négative la refroidit.

Pouvoir de Réchauffement Global (PRG)
Le PRG est une unité de mesure qui permet de comparer l'action du réchauffement des différents gaz à effet de serre par rapport au CO2 sur une période. Par exemple le méthane (CH4) a un PRG de 23, ce qui signifie qu'il un pouvoir de réchauffement 23 fois supérieur à celui du CO2.


mercredi 18 août 2010

Le Bilan Carbone de la France

"En France, on n'a pas de pétrole, mais on a des idées"...

Ce slogan publicitaire, né après le premier choc pétrolier des années 70, est une réalité (en tous les cas pour le pétrole).

Géologiquement, notre pays ne possède pas suffisamment de ressources énergétiques pour absorber notre consommation : la production de charbon est passée de 40 millions de tonnes par an à la fin des années 70, à 3 millions de tonnes en 2003. En 2004, les derniers puits, situés à Creutzwald en Lorraine, furent définitivement fermés. Le gisement de gaz de Lacq (Aquitaine) a fourni jusqu'à 6 ou 7 millions de tep de gaz par an, contribuant à 15% de la production nationale d'énergie primaire. Aujourd'hui, ce pourcentage est descendu sous la barre des 1%. Quant au pétrole, la production a difficilement atteint les 3 millions de tep par an et se stabilise de nos jours autour de 1,5 million, dépassant péniblement les 1% de la production d'énergie primaire de notre pays.

Des solutions alternatives

Face à une situation de dépendance vis à vis des pays exportateurs d'énergie, et également pour des raisons de sécurité (en particulier après les deux crises pétrolières des années 70), la France tente de trouver des solutions alternatives et s'oriente vers un mix énergétique basé sur les énergies renouvelables et le nucléaire.

Les petits ruisseaux font les grandes rivières...

Dès les années 50, un programme de grande envergure de construction de barrages a été mis en place pour utiliser la force de l'eau pour produire de l'électricité. Cette production est loin d'être négligeable car 12% de l'électricité que nous consommons provient de l'hydraulique.
Hormis l'hydraulique, l'effort en faveur des énergies renouvelables s'est également porté sur le bois (9,3 Mtep en 2003), les déchets urbains (2,1 Mtep), l'éolien (0,03 Mtep), le biocarburant (0,4 Mtep), et bon nombre d'autres technologies prometteuses.

Emergence et développement du nucléaire

C'est le général de Gaulle qui créa le Commissariat à l'Energie Atomique (CEA) au lendemain de la deuxième guerre mondiale (oct. 1945) pour développer la recherche nucléaire à des fins militaires. Mais c'est suite à la première crise pétrolière que le gouvernement entreprit le développement de la filière à l'usage des civils et fit rentrer notre pays dans le "tout nucléaire".

Aujourd'hui, la France compte un parc de 58 réacteurs pour une puissance installée de 63 GW, soit le 2ème parc du monde en taille après celui des Etats-Unis. 78% de l'électricité consommée en France provient des réactions nucléaires.

Le Bilan Carbone de la France

Ce choix stratégique lié à l'histoire du pays permet à la France de se targuer de posséder une des meilleures moyennes nationales pour les émissions de CO2 par kWh à 0,09 kg de CO2/kWh électrique en 2003 (la moyenne de l'Europe étant à 0,45 avec une pointe à 1.07 kg de CO2/kWh pour le Luxembourg) ce qui est bien sûr totalement profitable au Bilan Carbone national.

Toutefois, bien que le nucléaire présente l'avantage d'émettre très peu de CO2, d'autres problématiques écologiques sont en jeu pour cette énergie. Il ne faut, par exemple, pas omettre que le nucléaire n'est pas une énergie primaire car l'énergie est tirée de l'uranium qu'il est nécessaire d'extraire.

A chaque solution, une nouvelle problématique ? Qu'en pensez-vous ?

vendredi 13 août 2010

Le Bilan Carbone de vos vacances !!

Cet été, vos vacances sont-elles prévues à Paris, Marseille, Barcelone ou bien aux Etats Unis ?

Comment évaluer le coût "carbone" des transports que vous pourriez emprunter et le comparer afin de les optimiser au mieux ?
Le petit module de calcul Action Carbone, disponible dans la colonne de droite de ce blog, est l'outil qu'il vous faut ! Téléchargeable, accessible à tous et ludique, il vous permettra de mesurer en quelques clics vos émissions de gaz à effet de serre en équivalent CO2 à l'aide de 4 onglets : avion, voiture / deux-roues, train / transport collectif et habitat.

C'est la fondation GoodPlanet (également à l'origine de www.1010.fr en France), présidée par Yann Arthus-Bertrand, qui lance ce nouveau calculateur. Dés 2006, le programme Action Carbone a développé un premier calculateur CO2 pour les particuliers qui leur permettaient de mesurer les émissions liées aux consommations énergétiques des habitats et des déplacements (avion et voiture). 

En 2008, en collaboration avec Voyages-sncf.com (dont on peut reconnaître le graphisme), le calculateur s'étend sur le transport ferroviaire. Aujourd'hui, non seulement l'outil intègre l'ensemble de nos modes de déplacements (moto, autocar, bus, métro...) mais dans un souci d'exactitude des résultats, il s'appuie sur la méthodologie reconnue de l'Adème, le Bilan Carbone, en bénéficiant de sa dernier version (6.1) de début juillet 2010.

Gratuit, adaptable à tous les sites Internet ou blogs, il permet à tout le monde de pouvoir mesurer son empreinte carbone et de connaitre l'impact de nos activités sur le changement climatique. L'objectif est avant tout éducatif, mais il nous aussi permettre d'éveiller notre fibre d'éco-responsabilité et d'adopter notre comportement.

Le plus simple, c'est de vous laisser le découvrir et pourquoi ! Vous le trouverez en cliquant ici !

Et tenez nous au courant de votre résultat !


mercredi 4 août 2010

Le Bilan Carbone des Telecoms

Le 22 juillet 2010, le gouvernement et la Fédération Française des Télécoms ont signé une charte d'engagement volontaire du secteur pour le développement durable.

Après la promulgation, le 12 juillet dernier, de la loi portant engagement national pour l'environnement (dit Grenelle 2), cette rencontre a eu pour but de limiter les dépenses énergétiques du milieu des Telecoms par le biais de différentes actions.

Avec le développement des box, des décodeurs TV et la pénétration des smartphones dans le monde de la téléphonie, la consommation de ces biens est passée de 4,6 térawatts/heure en 2005 à 8,5 de nos jours. Les acteurs des Télécoms s'engagent a stabiliser ce chiffre d'ici 2012 et à le réduire à 7.6 térawatts/heure d'ici 2020, en dépit des perspective d'évolution de ce marché.

Pour y arriver, les opérateurs s'engagent à fabriquer des équipements moins énergivores en dotant par exemple les décodeurs TV d'un bouton marche/arrêt ou des box qui seront capables de se mettre en veille à partir d'un certain temps.
A cause du bilan carbone et écologique du recyclage de l'ensemble de ces appareils, le renouvellement des 18 millions de boitiers ADSL présents sur le marché ne se fera pas par anticipation.

Après 15 ans de présence sur le marché, c'est seulement depuis l'année dernière que l'opérateur historique (Orange / France Telecom) propose un service de recyclage des appareils. Les autres opérateurs (SFR, Bouygues) ont suivi la démarche cette année, chacun avançant son propre argumentaire pour convaincre ses abonnés de jouer le jeu.

50 millions de consommateurs changent d'appareils tous les 18 à 24 mois !
Le secteurs des telecoms va donc porter un effort particulier dans le domaine du recyclage des mobiles, sachant qu'il y aurait 10 millions de téléphones portables usagés tapis au fond de nos tiroirs (!) et que seuls 500000 ont été recyclés l'an passé... 

Rappelons aussi que les constructeurs de téléphones ont signé un accord il y a quelques temps pour produire des chargeurs universels.

L'objectif du gouvernement est de réduire les émissions de gaz à effet de serre en équivalent CO2 de l'ordre de 20% à l'horizon 2020. Cet accord est lié à cette démarche et nul doute que prochainement d'autres secteurs signeront des accords avec l'Etat.

Et vous, vous en avez combien, des vieux téléphones portables dans vos fonds de tiroir ?