Conseils et informations sur le bilan carbone

mardi 8 mars 2011

Le poids du transport dans un Bilan Carbone

De la nécessité de consommer local ?

Il est de notoriété de croire que, pour optimiser les impacts sur l’environnement, il est bon de consommer localement afin de limiter les rejets des gaz à effet de serre liés au transport.
Clairement, le transport d’une marchandise de son point de fabrication à son lieu d’usage peut passer par plusieurs étapes (lieu de finition du produit, centrale d'achat, distributeur, domicile ou siège social de l'acheteur…), augmentant le nombre de manipulations.

La Ville de Paris l’a bien compris et s’emploie à trouver diverses solutions : sur le chantier du prolongement du tramway T3 (14,5 km), les anciennes bordures de trottoirs et les pavés sont retirés de la chaussée et recyclés. Enlevés, ils sont transportés en camion jusqu’à une usine provisoire de Pantin pour être redécoupés et réemployés sur le nouveau projet. Mise à part le gain financier (économie de 100 000 € sur un budget de 2,6 millions), ce choix est très positif en terme de Bilan Carbone, entre autre grâce à la proximité de l’usine, mais aussi en évitant de consommer des ressources naturelles en extrayant de la pierre des carrières !

Récemment, j’ai effectué pour un client une étude comparative sur l’impact environnemental du transport de pierres naturelles en provenance de Chine et du Portugal et à destination d’une grande ville de France. Bien que le fournisseur Chinois utilisait la voie maritime et le Portugais la route, c’est ce dernier qui a présenté un meilleur impact sur l’environnement.


Moins loin ne veut pas dire plus propre !
Dès lors, devons-nous obligatoirement privilégier les produits qui effectuent le trajet le plus court avec la certitude ?
Le raisonnement n'est pas si simple. Le transport de marchandises jusqu’en Europe n’aggrave pas forcément l’empreinte écologique d’un produit, comme par exemple le sucre du Paraguay ou des roses du Kenya. Des chercheurs de l’université britannique de Cranfield le prouvent : les fleurs produites au Kenya bénéficient de conditions climatiques idéales pour leur développement. Ceci est également la cas pour les roses provenant du Pays Bas, mais de façon artificielle et énergivore : serres maintenues à 20°C et éclairage simulé. Le Bilan Carbone d'une fleur produite en Europe est 6 fois plus important (3 grammes) que celui d'une fleur kenyane, pourtant transportée en avion !

La démonstration fonctionne également pour les oranges du Maroc, les kiwis d’Israël ou les pêches du Chili…

Certes le plus sain et le plus sage est d'attendre la saison des fruits sous nos latitudes pour les consommer, d'autant que cela favorise le tissu économique local.
Mais si le procédé de fabrication est économe en CO2, il n’est ps si évident que le transport alourdisse systématiquement l’empreinte carbone des produits de consommation. 

De quoi encore simplifier nos choix ? Qu'en pensez-vous ?

2 commentaires:

CarboneTex a dit…

La mise en place du futur Affichage Environnemental des produits de grande consommation pourra être un début de réponse à cette question que se posent bon nombre de consommateurs... A condition qu'il soit réellement représentatif du produit acheté !

Carbone 11 a dit…

Complètement d'accord avec vous, CarbonTex.
La période test doit commencer au mois de juillet avec les 300 entreprises qui ont répondu à l'appel d'offre du gouvernement (la publication de la liste définitive devrait intervenir dans les prochains jours..).
Reste a connaître l'exactitude de cet Affichage Environnemental, ainsi que le processus pour en déterminer la pertinence.

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