Conseils et informations sur le bilan carbone

mercredi 27 avril 2011

Vers un Bilan Carbone neutre du Rallye de France - Alsace ?

Alors que se dessinent les contours de la seconde édition en Alsace du Rallye de France, les pouvoirs politiques réagissent suite à la publication du Bilan Carbone de l'épreuve 2010.

En 2011, les voitures de courses prendront possession des routes alsaciennes, en évitant des détours en Moselle, du 29 septembre au 2 octobre (les dates seront officialisées début mai).

Un Rallye Zéro Carbone ?
Le président de la CUS (Communauté Urbaine de Strasbourg), Jacques Bigot, se satisfait de la réussite populaire et médiatique de l'épreuve et a confirmé la reconduction du soutien financier de la collectivité pour cette année. Toutefois, dans une lettre adressée à ses partenaires (la Région, les deux Départements, les villes de Mulhouse, Colmar et Haguenau et la Fédération Française de Sports Automobiles), il souhaite rendre plus verte l'épreuve française du championnat du monde des Rallyes en atteignant le "Zéro Carbone". Selon ses propos : "démontrer que d'un événement populaire à grand succès, on peut aussi faire un évènement exemplaire et écologique vertueux".
Pour cela, il s’appuie sur le Bilan Carbone de la compétition 2010, où 2700 tonnes d'équivalent Carbone ont été rejetées dans l'atmosphère, soit l'équivalent annuel d'une commune de 386 habitants. En comparaison, les rejets des gaz à effet de serre en équivalent Carbone pour la quinzaine de Roland Garros est de l'ordre de 43 000 tonnes.


N'en déplaise aux écologiques, ce ne sont pas les équipes en course qui émettent le plus de rejets (43%), mais les émissions indirectes liées aux spectateurs (46%). Les membres de l'organisation représentent, pour leur part, 6% des 2700 tonnes de Carbone, soit 4% lors de la préparation générales et 2% dans la gestion du site.
Pour diminuer les rejets des gaz à effet de serre, Monsieur Bigot propose d'utiliser le site Internet Vialsace pour se rendre sur les lieux de l'épreuve. De plus, et pour atteindre l'objectif "Zéro Carbone", il soumet l'idée que l'organisation compense en finançant des projets écologiques (chiffrés à moins de 40 000 euros, soit 1% du budget total), comme par exemple la plantation de 1 500 arbres ou l'installation de 2 000 chauffe-eau solaires chez les particuliers.

D'après vous, est-ce que ses mesures suffiront à apaiser les anti-rallye?

lundi 18 avril 2011

Le bilan du DPE

"Effarant", c'est le mot qu'utilise l'UFC-Que Choisir pour dénoncer la qualité des diagnostics de performance énergétique (DPE) des biens immobiliers.

L'association ne dénonce pas le fondement du DPE qui classe les biens en fonction des déperditions de chaleur selon le modèle des étiquettes énergétiques que l'on trouve sur l'électro-ménager. L'échelon du DPE va de la classe "A" pour les habitations consommant 50 kilowattheures (kWh) par m2 et par an (représentant une dépense 250 €) à la classe "G" pour une consommation énergétique de 450 kWh/m2/an (2250 €).

En 2008, UFC Que Choisir avait déjà dénoncé des résultats aléatoires pour un même DPE en fonction du diagnostiqueur interrogé. Depuis le 1er janvier de cette année, la réglementation du DPE a été renforcée avec, par exemple, l'obligation d'afficher le diagnostique sur toutes les annonces immobilières, au risque de sanctions juridiques. De plus, le montant de nouveau prêt à taux zéro (PTZ+) auquel vous pouvez prétendre est directement lié à la classe énergétique du logement.



Choisir son diagnostiqueur avant tout ?
L'étude d'UFC Que Choisir confirme les résultats de 2008 : l'association a sondé 16 diagnostiqueurs pour obtenir le diagnostic de performance énergétique (DPE) de 4 maisons, avec des résultats qui laissent songeurs :
- sur une des maisons, les 16 professionnels ont donné un DPE équivalent,
- une deuxième maison a été classé dans deux étiquettes énergétiques différentes,
- sur les deux dernières, et selon les diagnostiqueurs, les résultats s'étalaient sur 3 classes différentes. Par exemple, un bien a été identifié en C, D ou E avec une estimation de consommation énergétique s'étalant de 134 à 244 kWh/m2/an, soit une facture annuelle variant de 1000 à 1800 €.

D'après ce constat, l'UFC demande au gouvernement d'adopter des mesures techniques pour fiabiliser le Diagnostics de Performance Energétique. L'association souhaite également que le DPE puisse se rendre opposable entre l'acheteur et le vendeur afin que la responsabilité du diagnostiqueur puisse être engagée en cas d'erreur.

De votre côté, avez-vous déjà eu l'occasion de faire un DPE ? Qu'en avez-vous pensé ?

mercredi 13 avril 2011

Le projet fumant de la traque des véhicules polluants en milieu urbain

Le gouvernement part à la chasse aux véhicules les plus polluants dans les centres-villes des grandes agglomérations pour diminuer les rejets des fines particules pénétrant profondément dans les voies respiratoires. C'est un projet initié dans le cadre du Grenelle de l'Environnement.

Sur le fond, et pour des raisons évidentes de santé publique (en France la pollution des particules causerait annuellement la mort de 42 000 morts de façon prématurée), la décision d'éloigner ces véhicules est honorable. Par exemple, une grande partie du coeur de l'agglomération de Strasbourg est piétonne, et bien qu'il y eut un période d'adaptation, tout le monde tire aujourd'hui un bilan positif.

En revanche, sur la forme du projet, il y a de quoi être interloqué ! Décryptage...

C'est à l'occasion des Assises de la Qualité de l'Air se déroulant à Paris (les 6 et 7 avril derniers) que Nathalie Kosciusko-Morizet, Ministre de l'Ecologie et des Transports, a présenté son projet en communiquant les grandes lignes : d'ici 2012, huit centres urbains (Aix-en-Provence, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Grenoble, Lyon, Nice, Paris et Saint-Denis) vont tester la mesure sur une période de 3 ans. Avant cela, chacun déterminera sa ZAPA (Zone d'Actions Prioritaire pour l'Air), qui est une zone urbaine interdisant les véhicules les plus polluants (comme la fameuse pastille verte en 1998 ?). Le principe de la délimitation s'inspire de celles existant déjà dans 180 villes européennes, comme Londres, Stockholm ou encore Berlin.

Qu'est-ce qu'un véhicule polluant ?
Reste à connaître ce qu'on entendra par "véhicules les plus polluants"? NKM a dressé une nomenclature proposant quatre catégories de véhicules (les deux-roues, les voitures particulières, les utilitaires, les poids lourds et bus) classifié des plus polluants (A) au moins nocif (D). Le classement est très facile à retenir et logique : il est l'inverse des classements pour le marquage de l'électroménager ou des DPE (Diagnostiques des Performances Energétiques) en immobilier...


Inspiré des normes européennes pour fixer les limites de rejets polluants des véhicules, les voitures particulières d'avant le 30 septembre 1997 ou les deux-roues d'avant le 30 juin 2004 feront parties des plus polluantes (A).

Pour résumer, si par choix ou par obligation, vous avez une vieille voiture, vous n'aurez plus le droit de parader en ville, au risque de vous voir dresser une amende de 68 € maximum. Enfin, cela dépend où vous êtes : le gouvernement laisse libre choix de la gestion des interdictions (plages horaires, uniquement les utilitaires, tous sauf les deux-roues...). Rapidement, quelqu'un devrait créer une application pour les Smartphones afin de suivre tout ça...

Echangez votre vieille Vespa de collection pour un 4x4 tout neuf !
Cela peut aller plus loin : on pourrait vous interdire l'accès à la ville si vous êtes sur votre belle Vespa des années 60, en regardant s'engouffrer le dernier modèle de 4X4 au coeur de l'agglomération ! Pourquoi ? Tout simplement, parce que cette nouvelle réglementation se limite aux rejets des particules fines et les NOx. Exit les autres impacts environnementaux tel que les rejets des gaz à effet de serre en équivalent CO2. Seul Paris souhaite intégrer ce paramètre dans sa ZAPA (y aura-t-il une vignette pour Paris et une deuxième pour les autres villes de France ?)

Cette nouvelle réglementation améliorera assurément la qualité de l'air de nos villes, mais surtout évitera à la France de s'acquitter d'une amende journalière (estimée à entre 150 000 et 300 000 Euros) de la part de l'Europe. Car notre pays est en retard sur la qualité de son air. L'année passée, 11 agglomérations ont dépassé plus de 35 fois les normes de particules fines en se mettant hors la loi. Ces micropoussières cancérigènes sont émises par l'industrie, le chauffage... et les véhicules. Et l'Europe nous menace si nous faisons rien dans les prochains temps.

Nathalie Kosciusko-Morizet précise également qu'"on ne veut pas d'un dispositif contraignant". Et dire que j'avais peur que ce soit une nouvelle "usine à gaz". Me voilà rassuré ! Et vous ? Quel est votre avis ?