Conseils et informations sur le bilan carbone

lundi 27 juin 2011

Le futur Bilan Carbone de l'Allemagne !

Les Allemands ont été impressionnés par la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima. Leur gouvernement, emmené par Angela Merkel, emboîte le pas à cette crainte.

Fermeture de 17 centrales nucléaires d'ici 2022
Que ce soit pour des raisons de stratégie politique ou pas (la Chancelière n'est pas au plus haut dans les sondages), l'Allemagne a décidé de se séparer de ses 17 centrales nucléaires d'ici 2022. Dès l'incident de Fukushima, le gouvernement avait annoncé qu'il fermerait provisoirement les 7 centrales construites avant 1980 (une huitième avait déjà été arrêtée auparavant). Il semble donc qu'à l'avenir, elles ne pourront plus fournir d'électricité au pays.

Six autres sites nucléaires cesseront leur activité en 2021 et les 3 dernières (les plus récentes) devront s'éteindre à la fin de 2022 pour pallier au risque de pénurie d'énergie. Tel est le planning de la fin de l'histoire du fonctionnement du nucléaire civil en Allemagne...


Quelle position faut-il avoir sur cette décision provenant de la locomotive économique de l'Europe ?
Pour les anti-nucléaire (mouvement très présent outre-Rhin), c'est une dure lutte qui vient d'aboutir. L'abandon du nucléaire civil, c'est l’éradication des risques liés à son usage, bien que perdure ceux liés au démantèlement de telles structures.

Aujourd'hui, la répartition de la production de l'électricité en Allemagne provient pour 43% du charbon, et pour 22% du nucléaire. Très rapidement les Allemands ont investi dans les énergies renouvelables, représentant aujourd'hui 18% de la production (6% pour l'éolien, 4.6% pour la biomasse et 4.2% pour l'hydraulique). Les 3% restants proviennent d'autres ressources comme l'achat d'électricité en France.

Consommez mieux : consommez moins !
Alors comment vont faire les Allemands pour substituer les 22% de leur production d'énergie, tout en sachant que théoriquement, d'ici 2022, la demande en énergie sera encore plus forte ? L'équation est assez simple. Le gouvernement va demander à l'ensemble de son administration d'effectuer des économies. L'objectif n'est pas simplement de ne pas augmenter la consommation en énergie d'ici 2020, mais de la diminuer de 10% ! Le gouvernement va certainement mettre en place des moyens pour inciter cette démarche.

Une autre forme de pollution...
En attendant cette mise en place, il faudra compenser, à très court terme, les 8 centrales qui sont d’ores et déjà à l'arrêt et qui représentent 6,8% de la demande. La solution la plus simple est l'achat des surplus de production des pays voisins (dont la France). Solution qui aura bien sûr un coût non négligeable. L'autre action à court terme est l'augmentation de la production provenant du charbon, ce qui permettrait au pays de garder une certaine indépendance. 
Toutefois, cet usage a un poids élevé au niveau environnemental : sans parler de la consommation rapide d'énergies fossiles, les émissions des gaz à effet de serre vont exploser tout comme celles des autres émissions polluantes (particules fines).
Aussi, face à ce nouvel enjeu mondial, il y a de fortes chances de penser que l'Allemagne ne pourra pas tenir son engagement de réductions des GES d'ici 2020.

La suppression de la pollution nucléaire serait donc remplacée par celle rejets des émissions des gaz à effet de serre... La planète ne serait donc pas gagnante ! Et nous sommes loin de l'image "verte" des Allemands.

Mais c'est très certainement sans compter sur la volonté allemande !
Certes, cette décision est néfaste à moyen terme pour l'environnement, mais elle impose l'obligation pour les Allemands de trouver des solutions alternatives. Le pays se donne une dizaine d'années pour cela. Les puissances politiques et économiques de l'Allemagne vont se mobiliser pour atteindre cet objectif et il y a de fortes probabilités qu'en 2022 les entreprises allemandes (dont nous ne connaissons pas le nom) soient leaders européens (voir mondiaux) du secteur des énergies renouvelables. Les perspectives de ce marché sont tellement bonnes, qu'aujourd'hui l'Allemagne mise certainement sur son futur économique... et environnemental...

Qu'en pensez-vous ?

mercredi 1 juin 2011

Le (triste) bilan carbone mondial de 2010

Dans un rapport de l'Agence Internationale de l'Energie (AIE) publié le 30 mai, les émissions de rejets de gaz à effet de serre (GES) en équivalent CO2 ont atteint un nouveau pic en 2010.


Un record souvent battu !
Le précédent record est d'avant la dernière crise financière en 2008 avec 29.3 Gt (Gigatonnes) de gaz rejetés dans l'atmosphère. En 2010, avec la relance économique au niveau mondial, ce n'est pas moins de 5% (1.6 Gt) de GES en plus qui ont été émis sur notre planète pour atteindre un total de 30.6 Gt de CO2.

Un record préoccupant !
Ce mauvais chiffre fait redouter le dépassement de l'objectif de limiter l'augmentation des températures à 2°C par les scientifiques (en 2100, lors des négociations des Nations Unies sur le changement climatique à Cancun en 2010).

Pour éviter ce scénario, L'AIE estime qu'il faut limiter les rejets des gaz à effet de serre en équivalent CO2 à 32.0 Gt d'ici 2020, soit l'augmentation que nous venons de connaitre entre 2008 et 2010 !!
Dans le détail, l'AIE considère que les pays de l'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economique) rejettent 40% des gaz au niveau mondial, alors que ces pays (34 pays membres) ne représentent que 25% de la croissance des émissions par rapport à 2009. Il faut naturellement se tourner vers les pays "émergents" comme la Chine et l'Inde (non membre de l'OCDE) pour noter les plus fortes augmentations, provenant de l'explosion de leur économie. Mais il reste de la marge de progression pour ces pays, car les rejets ramenés par habitant sont seulement de 1,5 tonne pour l'Inde et 5,8 tonnes pour la Chine en comparaison aux 10 tonnes pour les pays de l'OCDE.

Un record qui va nous faire boire la tasse
En parallèle un rapport de la "commission climat" du gouvernement australien, édité une semaine plus tôt, annonce une augmentation du niveau de la mer de 1.00 mètres d'ici à 2100, en légère augmentation (+ 20 cm) par rapport à la dernière projection du Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'évolution du Climat (GIEC) de 2007. Inutile de préciser les lourdes conséquences pour les résidents du bord des océans.

Nul doute que l'application des politiques environnementales (tant localement via un bilan carbone de votre entreprise, que nationalement ou mondialement) doit être accélérée afin de pouvoir limiter au mieux nos émissions de gaz à effet de serre et d'en apercevoir concrètement les conséquences.

Et vous, que pensez-vous de ce rapport ? Et de nos actions face aux résultats ? Vous semblent-elles suffisantes ?